Renforcer la sécurité maritime en Europe


Si la mer est vitale pour l’économie européenne, elle peut aussi être un refuge pour les criminels et les terroristes. Les menaces dans le domaine maritime comprennent la piraterie, le trafic de drogues et d’armes, l’immigration illégale, le commerce illicite, la pêche illégale et les crimes environnementaux. Les accidents et les catastrophes maritimes sont également une source de préoccupation.

La sécurisation du trafic maritime et des vies humaines est d’une importance fondamentale pour le maintien de notre bien-être. Le moyen le plus important de renforcer de manière rentable la sécurité et la sûreté en mer est de coopérer aux niveaux national et international.

Compte tenu du nombre de gouvernements européens et d’autres agences qui effectuent des missions en mer, il existe un réel besoin de renforcer la coopération transfrontalière et intersectorielle pour assurer une meilleure sécurité maritime. Pour répondre à ce besoin, la stratégie de l’Union européenne (UE) en matière de sécurité maritime préconise le « renforcement de la coopération transfrontalière et intersectorielle ». […] l’échange d’informations pour optimiser la surveillance de la zone maritime de l’UE et de ses frontières maritimes ». L’EUMSS fournit un cadre commun, créant le lien entre les politiques internes et externes et jetant un pont entre les mondes civil et militaire.
Renforcer l’échange d’informations et la collaboration est un objectif nécessaire, mais pas toujours facile à atteindre. C’est là qu’intervient l’initiative MARISA (Maritime Integrated Surveillance Awareness), un projet financé par la Commission européenne. Ce projet arrive à un moment où les avantages de l’échange de données ont été prouvés ; les définitions du modèle de données, des services et des nœuds de l’environnement commun européen de partage de l’information (CISE) existent ; et le partage de l’information devient progressivement opérationnel.

MARISA vise à faire passer ces avantages technologiques au niveau supérieur, tout en étant complètement intégré dans le cadre politique européen. Avec vingt-deux partenaires de neuf pays européens travaillant ensemble pour développer la solution, MARISA aide les organisations de garde-côtes à surveiller la situation en mer.

Avec le nombre croissant d’activités dans le domaine maritime, il est devenu extrêmement difficile de surveiller toutes ces activités sans l’aide de systèmes avancés. L’identification de situations maritimes suspectes nécessite des connaissances et une expertise de la part des garde-côtes. Pourtant, un système capable d’exploiter diverses sources de données, de les fusionner et d’en extraire des informations pour détecter un comportement maritime suspect est extrêmement utile pour équiper ces forces d’informations et accroître la connaissance de la situation.


marisa2La boîte à outils MARISA a été conçue pour exploiter la puissance des données de sources individuelles telles que l’imagerie satellite, les données du système d’identification automatique des navires (AIS) ou le renseignement de source ouverte (OSINT). Image courtoisie Hexagon


La boîte à outils MARISA a été conçue pour tirer parti de la puissance des données de sources individuelles telles que l’imagerie satellitaire, les données du système d’identification automatique des navires (AIS) ou les renseignements de source ouverte (OSINT). Elle peut également intégrer des services avancés qui analysent ces sources pour créer des informations corrélées. C’est à ce moment-là que la machine peut aller beaucoup plus vite que l’humain et qu’elle aide aux tâches d’analyse répétitives.

L’autre aspect essentiel de la boîte à outils MARISA est sa console Web de connaissance de la situation maritime. Disposer des données est important, mais les présenter avec une grande précision dans une mise en page professionnelle, sans aucune latence, dans une architecture web moderne, faisait partie de l’innovation du projet MARISA. Les opérateurs ont besoin du bon niveau d’information au bon moment pour leur permettre de prendre la meilleure décision. C’est un défi, mais la collaboration entre les partenaires du projet et les praticiens a permis de le relever.

Pour la partie spécifique de l’interface homme-machine, le cadre Web LuciadRIA d’Hexagon a été utilisé pour exploiter les diverses informations fournies par les services et leurs données. L’API LuciadRIA fournit de puissants composants d’interface utilisateur pour prendre en charge la visualisation de grands volumes de données et offre une interaction facile et optimisée pour l’opérateur. Il a démontré que même si les exigences des utilisateurs étaient nombreuses et complexes, la solution MARISA pouvait répondre à leurs attentes.

Mais qu’est-ce qui fait le succès d’un tel projet de recherche ? Les activités de recherche aboutissent souvent à un grand nombre de documents et à quelques présentations. Mais cela suffit-il à convaincre les garde-côtes que leur collaboration est importante ? Bien sûr que non.

Le projet MARISA s’est articulé autour de deux séries d’essais, comportant chacune cinq essais, coordonnés par les partenaires MARISA en collaboration avec des praticiens des marines, des garde-côtes et des ministères de la défense nationaux (MOD). L’objectif de ces essais était de tester, d’évaluer et de valider la boîte à outils MARISA configurée pour divers scénarios. Un essai a démontré la collaboration entre la marine italienne et le ministère de la défense grec. Un autre, impliquant les garde-côtes néerlandais, visait à comparer MARISA et son ancien système, non pas en utilisant des données simulées, mais avec de vrais navires et de vraies personnes. Lorsqu’un projet de recherche atteint ce niveau de validation, les partenaires peuvent être satisfaits du résultat.

Suite à ces essais réussis, le projet MARISA a été approuvé par la Commission européenne. Les services de sécurité européens disposent désormais de nouveaux outils pour détecter, évaluer et répondre aux situations émergentes plus rapidement qu’auparavant, tout en maintenant une compréhension commune au-delà des frontières. MARISA a pu démontrer comment la coopération entre les gouvernements peut conduire à des mers plus sûres et plus sécurisées pour l’Europe.

Maritime Integrated Surveillance Awareness (MARISA) est un projet financé par la Commission européenne. Ce projet a été financé par le programme de recherche et d’innovation Horizon 2020 de l’Union européenne, sous la convention de subvention N. 740698.