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Le groupe Måneskin, grand gagnant de l’Eurovision (n’en déplaisent à certains), est prêt à en découdre et à devenir un sérieux concurrent sur le podium rock 

Si vous avez fait partie des 183 millions de téléspectateurs qui ont suivi l’Eurovision cette année, vous ne les avez pas manqué. Le groupe italien sulfureux Måneskin était présent pour interpréter leur hymne enflammé « Zitti e Buoni », dégageant une énergie glam-rock à en faire tomber plus d’un(e)s. Le groupe a offert de justesse à l’Italie sa première victoire au concours depuis 1990, devenant le premier groupe de rock à gagner depuis les Finlandais de Lordi en 2006. Le rock est mort ? Loin de là.

Depuis leur victoire, force est de constater que la notoriété du groupe a pris un tournant inédit. En témoigne leur dernier single, « I Wanna Be Your Slave », doté d’un clip torride, qui a titillé les charts. « La vidéo parle de sexe et de la façon dont on s’exprime sexuellement, déclare le groupe. La chanson parle de se sentir libre d’être qui on veut et il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises choses. »

On écoute : 

L’histoire de la création de Måneskin est aussi classique que leur style et leur son. Les membres du groupe se sont rencontrés quand ils étaient adolescents, à Rome. De Angelis est allé au lycée avec le chanteur Damiano David et le guitariste Thomas Raggi. Les goûts de David reflètent sa présence énergique sur scène en tant que leader du groupe : Aerosmith, R.E.M., Red Hot Chili Peppers, Soundgarden. Raggi cite plutôt le heavy metal et le hard rock, notamment Led Zeppelin, tandis que De Angelis privilégie David Bowie et Depeche Mode.

Ils étaient jeunes et avaient l’habitude de jouer avec d’autres musiciens pas très doués, mais ils avaient besoin d’un batteur. Ils ont trouvé Ethan Torchio sur Facebook et lui ont fait passer une audition. « Nous faisions juste semblant d’être cool, mais nous n’avions pas d’autres batteurs. Il était le seul choix, mais heureusement, il était plutôt bon, » admet David.

En 2018, Måneskin a sorti son premier album, Il Ballo della Vita (La danse de la vie), un album quasi-concept inspiré par une muse fictive nommée « Marlena » et très influencé par le ska. Mais leur nouvel album, Teatro D’ira : Vol. 1 (Theater of Wrath), est celui qui semble le plus concrétiser leur vision en tant que groupe. Avant d’écrire l’album, le quatuor a déménagé à Londres pour expérimenter ce que c’est que de faire partie d’une vraie scène musicale. « À Londres, il y a tellement de concerts tous les soirs. Nous avons eu la chance de voir de nombreux groupes différents, et cela nous a donné beaucoup d’inspiration », explique De Angelis.

« Nous voulons être une tête d’affiche. »

Chercher le son

David ajoute qu’ils ont vraiment commencé à étudier leurs instruments et « toutes les possibilités » qu’ils pouvaient atteindre avec plus de connaissances techniques. Lorsqu’ils sont retournés à Rome pour enregistrer Teatro, ils ont capturé chaque chanson en live dans le studio pour obtenir un maximum de brutalité – un son qui a contribué à créer un véritable intérêt mondial, qui ne cesse de grandir.

Les membres du groupe, qui se sont fièrement débarrassés des normes de genre et de sexualité dans leur sens de la mode et leur présence sur scène, continuent à brouiller les genres. « Quand nous étions plus jeunes, nous n’étions pas aussi confiants ou sûrs de nous, mais nous avons eu la chance de grandir ensemble et de nous soutenir mutuellement, explique David. Nous voulons partager notre expérience avec nos fans, et nous essayons d’encourager les gens à être qui ils sont. Chacun devrait avoir le droit et la possibilité de partager ce qu’il veut ou d’être ce qu’il veut sans être jugé. »

Au cours de l’été, Måneskin aura l’occasion de célébrer sa grande victoire à l’Eurovision en participant à des festivals. D’ici la fin de l’année, ils veulent sortir un troisième album, qu’ils ont commencé à écrire l’année dernière. Le groupe rêve d’ouvrir pour des groupes comme les Arctic Monkeys, les Rolling Stones et les Foo Fighters. « Bien sûr, dit David avec un sourire en coin, nous voulons être les têtes d’affiche ». À ce rythme, ce rêve est peut-être plus réalisable qu’il ne le croit.

Propos recueillis par Brittany Spanos

Traduit par Samuel Regnard