8 ans et 120 millions de dollars plus tard, récit d’un développement chaotique


Après huit ans de développement, quelque 120 millions de dollars (montant communiqué par les sources de Kotaku) dépensés et environ 400 personnes mobilisées, le projet semble donc toujours extrêmement instable. Alors pourquoi Ubisoft s’entête autant, alors que de l’aveu de plusieurs personnes, d’autres éditeurs auraient déjà abandonné ?

Plusieurs raisons peuvent l’expliquer. D’abord, Ubisoft sait l’intérêt d’avoir dans son portfolio des jeux-services de grande ampleur. S’il n’en manque pas dans son catalogue actuel (The Division 2, Rainbow Six Siege), ses concurrents Take-Two (GTA : Online), Electronic Arts (FIFA 21) ou Activision (Call of Duty : Warzone) sont aussi très bien armés.

Mais ce n’est pas tout. D’après trois personnes interrogées par Kotaku, Ubisoft est contractuellement tenu de développer et de livrer un jeu conçu par son équipe de Singapour. « En plus d’embaucher un certain nombre de personnes dans son studio de Singapour en échange de généreuses subventions, Ubisoft Singapour doit également lancer de toutes nouvelles IP dans les prochaines années ». Un engagement qui motive sans doute l’éditeur à ne pas renoncer à Skull & Bones, quand bien même son chantier est des plus chaotiques.

Contacté par Kotaku, Ubisoft a fait savoir que son jeu avait atteint le stade d’Alpha, et que l’équipe communiquerait en temps voulu sur les avancées du projet. « Ceci étant dit, ajoute le porte-parole, toute spéculation à propos du jeu ou des décisions qui sont prises dans le studio ne servent qu’à démoraliser l’équipe, qui travaille dur pour développer une nouvelle franchise ambitieuse qui réponde aux attentes des joueurs. »